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Quand on n’a envie de rien : faut-il vraiment se forcer ?

Il y a des périodes où l’on n’a envie de rien.

Se lever demande un effort. Sortir ne donne pas envie. Voir des amis paraît fatigant. Même les activités que l’on aimait auparavant ne suscitent plus grand-chose.

Dans ces moments-là, l’entourage conseille souvent de se bouger, de sortir, de faire du sport, de voir du monde.

Ces conseils partent généralement d’une bonne intention. Mais lorsque l’on manque déjà d’énergie, ils peuvent aussi donner le sentiment de ne pas faire ce qu’il faudrait.

Avant de chercher à changer cette absence d’envie, il peut être intéressant de prendre un peu de temps pour l’écouter.

Une absence d’envie a parfois une raison

Ne pas avoir envie de se lever, de sortir ou de voir quelqu’un n’est pas nécessairement un comportement à corriger.

Cela peut être lié à une grande fatigue, à une période éprouvante, à un besoin de repos ou à quelque chose qui demande beaucoup d’énergie intérieure.

Parfois, le corps semble simplement dire qu’il a besoin de ralentir.

Dans d’autres situations, cette perte d’envie peut faire partie des symptômes d’une dépression. La perte d’intérêt ou de plaisir pour les activités habituelles est notamment l’un des symptômes évalués dans le questionnaire PHQ-9.

La première étape peut donc être très simple : constater ce qui est là, sans se juger.

« Aujourd’hui, je n’ai envie de rien. »

Cela suffit parfois pour commencer.

Écouter son corps

Imaginez un matin où vous vous réveillez avec une grande difficulté à sortir du lit.

La première réaction est souvent de se dire qu’il faut se lever malgré tout.

Mais il peut être utile de prendre quelques instants pour sentir ce qui se passe.

Est-ce de la fatigue ? Du découragement ? Une appréhension face à la journée ? Un besoin de repos ? Une sensation de vide ?

Il n’y a pas forcément de réponse immédiate.

L’important est de ne pas passer directement de la sensation à l’action. Quelques instants d’écoute peuvent permettre de mieux comprendre ce qui se passe.

Le corps n’a pas toujours besoin d’être poussé. Il a parfois besoin d’être entendu.

Ne pas avoir envie de sortir

« Il faut sortir prendre l’air » fait partie des conseils que l’on donne facilement à quelqu’un qui ne va pas bien.

Mais une personne qui n’a pas envie de sortir peut avoir de bonnes raisons de ne pas le vouloir.

Elle peut être épuisée. Elle peut avoir besoin de calme. Elle peut ne pas se sentir suffisamment en sécurité pour affronter l’extérieur. Elle peut simplement avoir besoin de rester seule.

Dans ce cas, commencer par ouvrir une fenêtre, rester quelques minutes près d’elle ou simplement prendre le temps de regarder dehors peut être suffisant.

Il n’est pas nécessaire de transformer immédiatement cette situation en objectif à atteindre.

Écouter son besoin permet déjà de savoir ce qui est réellement présent.

Écouter ne signifie pas toujours suivre son envie

Il y a cependant une différence entre écouter une envie et lui obéir systématiquement.

Ne pas avoir envie de sortir peut cacher de la fatigue, mais aussi une peur, une appréhension ou un isolement qui devient progressivement difficile à vivre.

C’est en prenant le temps de regarder ce qui se passe que cette différence peut apparaître.

« Je n’ai pas envie de sortir parce que j’ai besoin de repos. »

Ou :

« Je n’ai pas envie de sortir parce que je redoute de rencontrer des gens. »

Ou encore :

« Je n’ai envie de voir personne, mais cette solitude commence à me peser. »

Ces situations peuvent se ressembler de l’extérieur et pourtant être très différentes.

L’écoute de soi ne consiste pas à suivre aveuglément toutes ses envies. Elle permet de mieux comprendre ce qui les accompagne.

Faire moins peut parfois être nécessaire

Nous avons souvent appris à mesurer nos journées à ce que nous avons accompli.

Une journée productive serait une bonne journée. Une journée passée à ne rien faire serait une journée perdue.

Lorsque l’on traverse une période difficile, cette manière de penser peut devenir particulièrement lourde.

Il n’est pas toujours nécessaire de remplir sa journée.

Prendre une douche, manger quelque chose, répondre à un message ou simplement se reposer peuvent être largement suffisants pour une journée où les ressources sont limitées.

Le repos n’a pas besoin d’être mérité.

Retrouver une petite envie

Il arrive aussi qu’une envie apparaisse lorsque la pression diminue.

Une musique. Un café. Une douche chaude. Quelques pages d’un livre. Un peu de soleil. L’envie de parler à quelqu’un.

Ce sont parfois des choses très simples.

Il n’est pas nécessaire qu’elles procurent immédiatement un grand plaisir. Le simple fait de remarquer qu’une petite chose attire encore notre attention peut avoir son importance.

À l’inverse, il peut aussi ne rien se passer.

Dans ce cas, inutile de se reprocher de ne pas avoir retrouvé l’envie.

Certaines périodes demandent du temps.

Le risque de rester complètement enfermé

Respecter son besoin de repos ou de solitude ne signifie pas nécessairement se couper progressivement de tout.

Le retrait peut faire du bien pendant un moment. Il peut aussi devenir pesant lorsqu’il s’installe et qu’il n’est plus vraiment choisi.

C’est pourquoi il peut être utile de revenir régulièrement à une question très simple :

« Est-ce que ce que je fais actuellement me fait du bien ? »

La réponse peut changer d’un jour à l’autre.

Hier, rester seul était nécessaire. Aujourd’hui, un peu de présence humaine ferait peut-être du bien.

Hier, dormir était ce dont le corps avait besoin. Aujourd’hui, une courte promenade pourrait être agréable.

Il n’y a pas besoin d’établir une règle définitive.

Un petit mouvement peut venir naturellement

Lorsque l’envie revient, il n’est pas nécessaire de commencer par quelque chose de grand.

Se lever.

Ouvrir les volets.

Prendre une douche.

Sortir quelques minutes.

Préparer un repas.

Téléphoner à quelqu’un.

Un petit mouvement suffit parfois.

L’important est qu’il puisse venir de soi plutôt que d’une obligation supplémentaire.

Il y a une différence entre se forcer et se mettre doucement en mouvement parce qu’une part de soi en a envie.

Quand cette absence d’envie dure

Il est important de rester attentif lorsque la perte d’envie et de plaisir devient durable.

Une diminution importante de l’intérêt pour les activités habituelles, associée à d’autres symptômes comme une grande fatigue, des troubles du sommeil, des changements de l’appétit, des difficultés de concentration, une tristesse persistante ou un sentiment de dévalorisation, peut être le signe d’une dépression.

Le questionnaire proposé sur Testdepression.fr, adapté du PHQ-9, permet de faire un premier point sur différents symptômes dépressifs.

Il s’agit d’un outil de dépistage et d’information, et non d’un diagnostic.

Lorsque la souffrance devient importante ou qu’elle s’installe dans le temps, en parler avec un médecin, un psychologue ou un autre professionnel peut permettre d’être accompagné et de mieux comprendre ce qui se passe.

Commencer par s’écouter

Il n’est pas toujours nécessaire de commencer par chercher ce qu’il faudrait faire pour aller mieux.

On peut commencer par regarder ce qui est là.

La fatigue.
L’envie de rester seul.
Le besoin de dormir.
L’envie de parler.
L’absence d’envie.
Une petite chose qui fait encore plaisir.

Puis prendre le temps de se demander :

De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?

Il n’y aura pas toujours de réponse. Mais cette question peut ouvrir un espace différent : un espace où l’on ne cherche pas immédiatement à se corriger, mais à mieux se comprendre.

Cette démarche d’écoute de soi est également au cœur du programme Cheminer vers Soi au jour le jour. Le parcours propose de prendre progressivement du temps pour soi, de retrouver un contact avec son corps et ses besoins et d’explorer ce qui est réellement important pour soi.

Découvrir le programme « Cheminer vers Soi »