Des petites actions qui peuvent faire de grandes différences
Lorsque l’on traverse une période de dépression ou de grande fatigue intérieure, les conseils habituels peuvent parfois être difficiles à entendre : « il faut sortir », « il faut bouger », « il faut voir du monde », « il faut se motiver ».
Mais et si nous commencions autrement ?
Si je n’ai pas envie de me lever, peut-être que quelque chose en moi a besoin de rester couché. Si je n’ai pas envie de sortir, peut-être que j’ai besoin de calme. Si je n’ai envie de voir personne, peut-être que j’ai besoin d’un peu de solitude.
Cela ne signifie pas qu’il faut rester enfermé ou ne rien faire. Cela signifie simplement que nos réactions ont souvent une raison d’être, même lorsque nous ne la comprenons pas immédiatement.
Avant de chercher à changer ce que nous ressentons, nous pouvons commencer par l’écouter.
Ces dix pistes ne sont donc pas des consignes à appliquer. Ce sont plutôt des invitations à retrouver progressivement le contact avec soi-même, avec ses besoins, son corps, ses envies et ce qui compte réellement pour soi.
1. Commencez par écouter votre envie
Lorsque l’on ne va pas bien, la première question pourrait être très simple :
« De quoi ai-je envie, là, maintenant ? »
Peut-être que la réponse est : « de dormir », « de rester seul », « de sortir », « de parler à quelqu’un », « de ne rien faire ».
Il n’est pas nécessaire de juger cette réponse ni de la considérer immédiatement comme bonne ou mauvaise.
Prendre le temps d’écouter son envie permet déjà de retrouver un contact avec soi-même.
Et parfois, derrière une envie qui semble étrange ou incompréhensible, il y a un besoin qui mérite d’être entendu.
2. Écoutez votre corps
Le corps parle souvent avant que nous ayons les mots pour comprendre ce qui se passe.
Une grande fatigue, une envie de dormir, le besoin de rester allongé, une tension, une difficulté à bouger… autant de manifestations qui peuvent nous inviter à ralentir.
Il n’est pas toujours nécessaire de lutter contre elles.
Parfois, se reposer est précisément ce dont nous avons besoin.
Et parfois, après avoir écouté ce besoin, nous découvrons naturellement l’envie de nous lever.
Il ne s’agit donc pas de choisir entre « faire » et « ne rien faire », mais de rester attentif à ce qui est juste pour soi, à cet instant.
3. Si vous n’avez pas envie de sortir, ne vous forcez pas
« Il faut sortir prendre l’air » est un conseil souvent donné lorsqu’une personne ne va pas bien.
Mais si l’idée même de sortir vous pèse, peut-être pouvez-vous commencer par vous demander ce qui rend cette sortie difficile.
Avez-vous besoin de calme ? De sécurité ? De ne voir personne ? Êtes-vous simplement épuisé ?
Il n’est peut-être pas nécessaire de sortir immédiatement.
Vous pouvez ouvrir une fenêtre. Vous asseoir quelques minutes près d’elle. Regarder dehors. Ou simplement rester chez vous.
Écouter son besoin n’empêche pas d’évoluer. Cela peut au contraire permettre de comprendre ce dont on a réellement besoin.
4. Faites moins, si c’est ce dont vous avez besoin
Nous vivons souvent avec l’idée qu’une journée réussie est une journée productive.
Mais lorsque l’on traverse une période difficile, faire moins peut parfois être nécessaire.
Il n’est peut-être pas utile de remplir sa journée de tâches, d’activités ou d’objectifs.
Peut-être qu’aujourd’hui, vous avez simplement besoin de prendre une douche, de manger quelque chose et de vous reposer.
Cela peut suffire.
Vous n’avez pas à transformer chaque journée en projet d’amélioration personnelle.
5. Demandez-vous ce qui vous ferait du bien
Plutôt que de chercher ce que vous « devriez » faire, vous pouvez essayer une autre question :
« Qu’est-ce qui me ferait un peu de bien maintenant ? »
Cela peut être très simple.
Une douche chaude. Une musique. Un repas. Le silence. La présence de quelqu’un. Un peu de solitude. Sortir quelques minutes. Rester au lit.
Il n’y a pas de réponse universelle.
Ce qui fait du bien à une personne peut être pénible pour une autre.
L’essentiel est peut-être de retrouver progressivement la capacité à sentir ce qui vous convient.
6. Respectez votre rythme
Il peut être difficile de voir les autres continuer leur vie lorsque l’on se sent soi-même arrêté.
Pourtant, nous n’avons pas tous le même rythme.
Certaines périodes de vie demandent davantage de repos, d’intériorité ou de retrait. Elles peuvent être difficiles à traverser, mais elles n’ont pas nécessairement besoin d’être accélérées.
Vous pouvez avancer lentement.
Vous pouvez changer d’avis.
Vous pouvez avoir une bonne journée puis une journée plus difficile.
Il n’est pas nécessaire que votre chemin soit linéaire.
7. Autorisez-vous à ne pas savoir
Il arrive que l’on ne comprenne pas ce qui nous arrive.
On ne sait pas pourquoi on est fatigué. Pourquoi on pleure. Pourquoi on n’a envie de rien. Pourquoi certaines choses qui nous plaisaient auparavant ne nous attirent plus.
Vous n’êtes pas obligé d’avoir immédiatement une explication.
Vous pouvez simplement constater :
« Aujourd’hui, je me sens comme ça. »
Cette reconnaissance, sans jugement, peut déjà être une manière de prendre soin de soi.
Et si cette situation dure, devient trop lourde ou vous inquiète, vous pouvez chercher de l’aide pour essayer de mieux comprendre ce qui se passe.
8. Cherchez le contact qui vous convient
Parfois, nous avons envie d’être seuls.
Parfois, nous avons besoin de quelqu’un.
Et parfois, nous voulons être avec quelqu’un sans avoir envie de parler de ce qui ne va pas.
Il n’y a pas une seule bonne manière d’être en relation.
Vous pouvez envoyer un message sans expliquer votre situation. Vous pouvez demander à quelqu’un de simplement rester avec vous. Vous pouvez téléphoner quelques minutes ou proposer une promenade.
Le lien peut prendre la forme qui vous convient.
9. Laissez une place à ce qui vous fait du bien
Il peut arriver que nous perdions progressivement le contact avec ce qui nous apporte du plaisir.
Dans ce cas, il n’est pas forcément utile de chercher une grande activité ou une nouvelle passion.
Peut-être qu’une chanson vous touche encore.
Une odeur.
Un paysage.
Le contact d’un animal.
Un plat que vous aimez.
Quelques pages d’un livre.
Une conversation.
Les petits plaisirs n’ont pas besoin d’être extraordinaires pour avoir de l’importance.
Et si rien ne vous fait envie aujourd’hui, cela mérite aussi d’être accueilli sans vous en vouloir.
10. Et si vous en parliez à quelqu’un ?
Écouter ce que l’on ressent ne signifie pas nécessairement rester seul avec ce que l’on traverse.
Au contraire, il peut parfois être précieux de pouvoir déposer ce que l’on vit auprès de quelqu’un qui sait écouter.
Un proche, un médecin, un psychologue ou un autre professionnel peut vous aider à mettre des mots sur ce qui se passe, sans avoir à vous forcer à aller mieux immédiatement.
Demander de l’aide ne signifie pas que vous avez échoué à vous en sortir seul.
Cela peut simplement signifier que, pendant un moment, vous choisissez de ne pas avoir à tout porter seul.
Si vous vous interrogez sur la présence éventuelle de symptômes dépressifs, le questionnaire proposé sur Testdepression.fr, adapté du PHQ-9, peut également constituer un premier point de repère. Il s’agit d’un outil de dépistage et d’information, et non d’un diagnostic.
Et si le chemin commençait par vous ?
Peut-être que prendre soin de soi ne consiste pas toujours à faire davantage.
Peut-être que cela commence par écouter.
Écouter son corps.
Écouter ses envies.
Écouter ses limites.
Écouter ce qui nous fait du bien.
Écouter aussi ce qui, en nous, demande depuis longtemps à être entendu.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le programme « Cheminer vers Soi au jour le jour ».
Ce programme propose de prendre progressivement le temps de revenir vers soi, de renouer avec ses besoins et son corps, de retrouver sa justesse intérieure et de mieux comprendre ce qui nous anime profondément.
L’objectif n’est pas de devenir quelqu’un d’autre, ni de se conformer à une nouvelle liste de choses à faire.
Il s’agit plutôt de retrouver un peu plus de contact avec soi-même.
Le programme invite notamment à s’interroger sur la place que l’on accorde à soi dans son quotidien, à retrouver une connexion avec son corps et à explorer ce qui est réellement juste pour soi.
Si cette démarche fait écho à ce que vous ressentez, vous pouvez découvrir Cheminer vers Soi au jour le jour :
Découvrir le programme « Cheminer vers Soi »
Une dernière chose
Vous n’avez peut-être rien à réparer immédiatement.
Vous n’avez peut-être pas besoin de vous forcer à sortir, à bouger, à être positif ou à retrouver rapidement votre motivation.
Vous pouvez commencer simplement par vous rencontrer là où vous êtes.
Et peut-être découvrir, petit à petit, ce dont vous avez réellement besoin.
