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Dépression : quand le corps dit stop

La dépression ne se manifeste pas seulement dans les pensées ou dans les émotions.

Elle peut aussi se vivre très concrètement dans le corps.

Une fatigue qui ne ressemble pas à celle d’une mauvaise nuit. Une envie de dormir qui revient sans cesse. Des difficultés à se mettre en mouvement. Une tension permanente. Un appétit qui change. L’impression que le moindre geste demande beaucoup plus d’énergie qu’avant.

Le corps semble parfois ralentir alors que, mentalement, on continue à se demander ce qui ne va pas.

Dans ces moments-là, le premier réflexe est souvent de chercher à remettre le corps en marche.

Faire davantage. Sortir. Faire du sport. Se lever plus tôt. Reprendre un rythme.

Ces choses peuvent parfois être utiles. Mais avant de demander à son corps de faire davantage, il peut être intéressant de l’écouter.

La fatigue n’est pas toujours un manque de volonté

« Je suis fatigué. »

Cette phrase peut sembler banale.

Pourtant, toutes les fatigues ne se ressemblent pas.

Il y a celle qui disparaît après une bonne nuit. Celle qui apparaît après un effort. Et puis il y a cette fatigue plus profonde, qui donne parfois l’impression d’être déjà épuisé avant même d’avoir commencé la journée.

Se lever peut demander un effort considérable.

Prendre une douche.

S’habiller.

Préparer quelque chose à manger.

Répondre à un message.

Ce qui était auparavant automatique peut devenir difficile.

Il est alors facile de se juger :

« Je suis devenu paresseux. »

« Je ne fais plus aucun effort. »

« Il faudrait que je me reprenne. »

Mais une fatigue importante n’est pas nécessairement un manque de volonté.

Le corps peut réellement manquer de ressources.

Avoir envie de dormir

Certaines personnes connaissent, pendant une période difficile, un besoin important de dormir.

Elles pourraient rester au lit une grande partie de la journée.

D’autres connaissent exactement l’inverse : elles sont épuisées mais ne parviennent pas à dormir correctement.

Dans les deux cas, le sommeil peut devenir un sujet de préoccupation supplémentaire.

« Est-ce que je dors trop ? »

« Est-ce que je dors suffisamment ? »

« Pourquoi suis-je encore fatigué alors que j’ai dormi ? »

Il peut être utile de prendre ces manifestations au sérieux, sans pour autant chercher immédiatement à les corriger.

Le sommeil est un des moyens par lesquels le corps récupère.

Mais lorsque les troubles du sommeil sont importants ou durent dans le temps, ils méritent aussi d’être évoqués avec un professionnel.

Quand le corps ralentit

Il existe parfois une forme de ralentissement général.

Les gestes sont plus lents.

Les décisions demandent davantage d’énergie.

Parler peut sembler fatigant.

Commencer quelque chose paraît difficile.

Même une tâche simple peut donner l’impression d’être une montagne.

Ce ralentissement peut être déconcertant, surtout lorsque l’on se souvient de la manière dont on fonctionnait auparavant.

On peut avoir l’impression de ne plus être soi-même.

Pourtant, le corps n’a pas nécessairement « abandonné ».

Il peut être en train de signaler qu’il fonctionne actuellement avec des ressources limitées.

Il n’est pas toujours pertinent de lui demander immédiatement de retrouver son ancien rythme.

Le corps peut aussi se tendre

La souffrance psychique ne se traduit pas uniquement par de la fatigue.

Elle peut aussi s’exprimer par des tensions physiques.

Les épaules restent contractées.

La mâchoire se serre.

Le ventre se noue.

La respiration devient moins ample.

Le corps reste parfois dans une forme de vigilance sans que l’on en ait vraiment conscience.

Prendre quelques instants pour remarquer ces sensations peut être une première étape.

Pas nécessairement pour les faire disparaître.

Simplement pour constater :

« Voilà comment mon corps est aujourd’hui. »

Cette observation peut sembler très simple, mais elle permet parfois de retrouver un peu de contact avec soi.

Quand l’appétit change

Le rapport à la nourriture peut également être modifié.

Certaines personnes perdent l’appétit.

Manger devient une contrainte ou n’a plus vraiment de goût.

D’autres ressentent davantage le besoin de manger, parfois de manière inhabituelle.

Là encore, il peut être tentant de se juger.

« Je ne mange plus correctement. »

« Je mange trop. »

« Je n’arrive plus à contrôler ça. »

Avant de chercher à contrôler, il peut être intéressant de regarder ce qui se passe.

La fatigue joue-t-elle un rôle ?

Les repas sont-ils devenus difficiles à préparer ?

La nourriture apporte-t-elle un réconfort particulier ?

L’appétit a-t-il changé en même temps que le moral ?

Ces observations peuvent donner des informations précieuses sur ce que l’on traverse.

Quand même se lever devient difficile

Il y a une différence entre ne pas avoir envie de faire quelque chose et ne pas parvenir à mobiliser l’énergie nécessaire pour le faire.

Cette différence peut être importante.

Une personne peut vouloir sortir mais ne pas réussir à se préparer.

Vouloir appeler quelqu’un mais rester devant son téléphone sans parvenir à composer le numéro.

Vouloir ranger mais ne pas savoir par où commencer.

Dans ces situations, les injonctions à « se bouger » peuvent être particulièrement difficiles à vivre.

Le problème n’est pas toujours l’absence de volonté.

Il peut simplement manquer l’énergie nécessaire pour transformer une intention en action.

Écouter avant de corriger

Écouter son corps ne signifie pas qu’il faut suivre toutes ses demandes.

Un corps épuisé peut avoir besoin de repos.

Mais un repos prolongé peut aussi finir par entretenir certaines difficultés.

Une envie de rester au lit peut être nécessaire un jour et devenir pesante quelques jours plus tard.

Une perte d’appétit peut nécessiter une attention particulière.

Une envie de ne rien faire peut parfois être un signal à écouter, et parfois être liée à une perte d’intérêt plus profonde.

C’est pourquoi l’écoute vient avant la conclusion.

Qu’est-ce que mon corps essaie de me dire ?

Cette question n’apporte pas forcément une réponse immédiate.

Elle permet simplement de ne pas passer directement du ressenti à la correction.

Retrouver le mouvement, quand il devient possible

Il peut arriver qu’après avoir suffisamment écouté son besoin de repos, une petite envie de mouvement apparaisse.

Pas forcément l’envie de faire du sport.

Peut-être simplement celle de se lever.

D’ouvrir les volets.

De prendre une douche.

De préparer quelque chose à manger.

De marcher jusqu’au bout de la rue.

Ce petit mouvement peut être accueilli lorsqu’il apparaît, sans en faire immédiatement un programme.

Le mouvement peut alors venir de l’intérieur plutôt que d’une injonction extérieure.

Quand les changements du corps durent

Une fatigue persistante, des troubles du sommeil, une modification importante de l’appétit ou un ralentissement général peuvent avoir différentes causes.

Ils peuvent notamment accompagner une dépression, mais ils peuvent également être liés à d’autres problèmes physiques ou psychologiques.

Il est donc important de ne pas tout attribuer automatiquement à la dépression.

Lorsque ces changements durent, sont importants ou perturbent la vie quotidienne, un avis médical peut être utile.

Le questionnaire proposé sur Testdepression.fr, adapté du PHQ-9, permet également de faire un premier point sur plusieurs symptômes associés à la dépression.

Il s’agit d’un outil de dépistage et d’information, et non d’un diagnostic.

Avant de demander à votre corps de faire davantage

Nous avons parfois tendance à considérer notre corps comme quelque chose qu’il faudrait faire fonctionner correctement.

Lorsqu’il ralentit, nous cherchons à l’accélérer.

Lorsqu’il dort trop, nous cherchons à le réveiller.

Lorsqu’il manque d’énergie, nous lui demandons de faire un effort.

Lorsqu’il change notre appétit, nous cherchons à le contrôler.

Mais le corps n’est pas une machine qu’il faudrait simplement remettre en état de marche.

Il fait partie de nous.

Ses réactions peuvent nous apprendre quelque chose sur notre état, nos limites, nos besoins et parfois ce que nous traversons.

Avant de lui demander :

« Pourquoi tu ne fonctionnes plus comme avant ? »

il peut être intéressant de lui demander :

« De quoi as-tu besoin aujourd’hui ? »

La réponse ne sera pas toujours évidente.

Mais apprendre à écouter cette réponse constitue déjà une manière de renouer avec soi.

Aller plus loin

Cette attention portée au corps et aux besoins personnels rejoint une démarche plus large : prendre le temps de se retrouver et de mieux comprendre ce qui se passe en soi.

Le programme Cheminer vers Soi au jour le jour propose un parcours autour de cette écoute de soi, du rapport au corps, des besoins, des aspirations et de la recherche d’une plus grande justesse intérieure.

Découvrir le programme « Cheminer vers Soi »